Christophe Gallaz, 
constituant, chroniqueur et écrivain, 
nous entraîne une fois 
encore dans une de 
ses revues caustiques 
des travaux de la 
Constituante.
Les temps du désir

A peine la Constituante eut-elle entrepris le gros de ses travaux que l'opinion publique locale, induite ou relayée par ses journaux, exprima de-ci de-là ce double sentiment critique: l'Assemblée faisait preuve d'une lenteur excessive, et cédait, à certains égards, à ce qu'on pourrait nommer un péché de désorganisation fonctionnelle.

C'est dire à quel point le désir de changement avait bouleversé les esprits. L'un des peuples les plus traînants d'Helvétie, qui avait lui-même érigé la pratique du compromis pâteux au rang de ses pratiques politiques et mentales les plus sacrées, estimait que quelque chose, en l'occurrence une poignée d'élus, était en train de le surpasser quant à ces traits spécifiques! 

Il se trompait, bien sûr. Mais ce simple titre, on se surprit à songer que les travaux de la Constituante représentaient déjà, quoi qu'ils deviennent d'ici leur achèvement complet, une réussite éclatante: les Vaudois s'étaient désassoupis, et jugeaient leur propre destin digne d'un certain intérêt. Victoire!

Christophe Gallaz