24 Heures, Vendredi 04 Avril 2003, La Der, page 44

Courrier des lecteurs


MANIFESTATIONS DE RUE

Aller jusqu’au bout

(...) En voyant tous ces manifestants de tous pays, de tous âges, de toutes classes sociales et politiques, je me pose des questions.

Tous sont opposés à la guerre contre l’Irak. Iront-ils plus loin dans leur engagement? Oseront-ils s’élever contre n’importe quelle future guerre? Refuseront-ils d’obéir à un ordre de marche? Il est bien facile de proclamer haut et fort son idéal avec la masse et la foule; cela ne coûte rien! Mais pris individuellement, tous ces jeunes oseront-ils refuser d’aller à l’école de recrues? Là c’est un tout autre engagement. Il y a la peur de huit mois de prison ferme.

Eric Fiaux, Villeneuve

Attention aux débordements... policiers

Il se tenait le samedi 29 mars à Genève une manifestation contre l’Organisation mondiale du commerce (OMC), et plus particulièrement un round de négociations sur l’Accord général sur le commerce et les services (AGCS). (...)

Malgré la présence relativement discrète des forces de l’ordre lors de la manifestation qui s’est passée sans incidents, des événements fâcheux se sont pourtant déroulés après la manifestation à la gare CFF de Cornavin, et à l’abri des regards... médiatiques, notamment télévisuels. Outre l’aspect proprement scandaleux de cette bavure, l’arbitraire et l’extrême violence du type de «mesures» utilisées par nos «gardiens de la paix» ne laissent rien présager de bon pour les pro chaines manifestations, et plus généralement pour l’usage de nos droits constitutionnels fondamentaux. (...)

Sous prétexte que tout manifestant est un «casseur» potentiel, voire un «terroriste» – dans ce cas précis il s’agissait d’un jet de cannette de bière – les libertés individuelles les plus fondamentales sont bafouées en toute impunité (fouilles arbitraires, arrestations, violences verbale et physique).

Dans un tel état de paranoïa sécuritaire, on est en droit de se demander dans quel état d’esprit les manifestations prévues dans le cadre du G8 seront accueillies par nos autorités!

Régis Scheidegger, Ecublens

Drôle d’idée

C’est avec un étonnement certain que j’ai pris connaissance du fait que le Département de la formation et de la jeunesse invitait les directeurs d’écoles à ne pas prendre de sanction contre les élèves qui ont quitté les cours pour aller manifester contre la guerre en Irak.

Que des élèves manifestent, s’ils ont bien compris de quoi il s’agit, pourquoi pas. Mais ils peuvent parfaitement le faire en dehors des heures d’école. Ils n’auraient ainsi pas éveillé le soupçon qu’un certain nombre d’entre eux trouvaient surtout là une bonne occasion de «sécher» les cours. Et n’est-ce pas marquer du mépris pour les adolescents de ne pas les considérer comme capables d’assumer les conséquences de leurs actes?

Surtout Mme A.-C. Lyon, qui organise précisément le 11 avril, dans les écoles, une journée d’éveil à la vie civique avec remise du texte de la nouvelle Constitution, aurait pu rappeler aux élèves que celle-ci ne considère la grève comme licite que lorsqu’elle se rapporte aux relations de travail, ce qui exclut précisément la grève politique. Quelle belle occasion perdue de donner une leçon concrète de civisme en relation avec la nouvelle Constitution... à moins que le Département ne considère que chacun peut choisir les dispositions qu’il accepte d’appliquer!

Jean-François Leuba, Chexbres

Silence coupable

Foules manipulables et soudain incontrôlables, écrit M. J.-P. Corbaz de Saint-Légier (24 heures du 28 mars). J’étais à Berne dans les manifestations pacifistes. Des Suisses de tous les cantons étaient là, des étrangers de tout horizon, côte à côte. Le silence est une complicité et cette prise de conscience est probablement un signe que quelque chose change dans notre humanité si bouleversée. Il y a quelques années, en tant que déléguée du CICR, j’ai eu l’occasion de voir à plusieurs reprises de mes propres yeux les horreurs de la guerre. Des guerres qui ne font même pas une ligne dans nos quotidiens. Aucun mot ne peut dire la réalité de l’horreur de la guerre...

(...) Il n’y aura pas et il n’y aura jamais de guerre propre. Décidée sans l’aval de l’ONU, cette guerre est encore plus sale que toutes les autres. Aux USA, j’y suis allée il y a quelques années déjà et c’est dans cet immense pays que j’ai découvert les plus grandes misères. C’est aussi là-bas que j’ai rencontré les anciens du Vietnam détruits physiquement et psychiquement par la guerre...

Parce que la guerre est toujours un échec pour l’humanité, je continuerai à dire non à la guerre.

Gaby Grosjean, Lausanne


MATIN BRUN

Inacceptable

A propos de l’article de M. F. Gross (24 heures du 27 mars) «pour qu’il n’y ait pas, ici, de matin brun»:

Vugelles-La Mothe est un SOS. Le cri de patriotes effarés face aux menaces de plus en plus précises dont ils sont victimes de la part de «partis prétendus suisses» et de groupements brutalement menaçants.

L’aire de la Suisse, quelque 42 000 km2 dont deux tiers en montagnes, sur laquelle vivent 7,5 millions d’âmes n’est pas extensible. Conséquences: crise immobilière, coût excessif des terrains. A cela s’ajoute une crise financière importante, mémorable, dont le peuple suisse est la victime:122 milliards au niveau fédéral,7 milliards au niveau cantonal sans compter le nombre de communes mal gérées...

La situation exigerait des mesures drastiques, sérieuses, hélas, on matraque!

Le peuple suisse, peuple pacifique et plus que généreux se sent floué. Il réagit face à l’intolérable!...

Non, Monsieur Gross, le peuple suisse n’est pas xénophobe. La preuve en est fournie par le nombre — excessif — d’étrangers qui arrivent chez nous et... et... refusent de repartir! et... veulent voter!...

Pas de plus bel hommage au peuple suisse!

Les partis, de quelque tendance qu’ils soient — élections obligent — ont peur!...

Pas d’illusion cependant, tous continueront à exiger des impôts nouveaux et à favoriser les flux — excessifs — d’étrangers.

Jean-François Borlat, Paudex


OPTIMISME

C’est aussi nécessaire

Tous les jours, en parcourant le 24 heures, j’espère trouver, dans la rubrique des lecteurs, à la place d’une «Encre noire» une «Encre rose ou bleu ciel.»

C’est désormais un lieu commun d’affirmer que les bonnes nouvelles ne font pas recette.

L’optimisme est jugé bébête, voire même ridicule. Cependant, je tiens à vous décrire un lieu spécial, à la périphérie de Lausanne, à Renens. Il s’agit de l’Association des familles du quart-monde de l’Ouest lausannois. Là-bas, depuis plus de vingt ans, j’ai trouvé des gens de bonne volonté qui travaillent ensemble, soutenus par l’espoir de jours meilleurs.

On y rencontre des blessés de la vie, des laissés-pour-compte, des rejetés au bord du chemin par l’avancée impitoyable d’un «chasseneige». Coude à coude avec eux œuvrent d’autres gens, de provenances les plus diverses, qui croient à des possibilités de résilience par l’écoute attentive, le respect et la confiance.

Rencontres, échanges, débats, accompagnement, moments ludiques sont organisés pour et par les familles de ce quart-monde.

Au moyen de ces activités partagées, nous nous sommes mutuellement enrichis car, à bien regarder, chacun a quelque chose de bon à donner, à échanger, à apprendre.

Croyez-moi, dans ce monde, on peut trouver encore des coins de ciel bleu.

Violetta Fasanari Bourquin, Renens


ENCRE NOIRE

Vivre avec son temps

De plus en plus de projets de lois sont venus tapisser les journaux, ces derniers temps, concernant la prévention routière. Et je m’étonne lorsque certaines personnes proposent des aberrations telles que de brider les motos ou de redéfinir à la baisse les tronçons autoroutiers. Aimant la conduite, j’utilise mon véhicule tous les jours et je remarque que les limitations sur les autoroutes devraient être rehaussées. En effet, nos véhicules sont beaucoup plus sûrs, les recherches beaucoup plus approfondies et la sécurité envers les piétons plus accrue. Ce n’est en aucun cas la baisse de la limite du km/h ou le bridage d’une moto qui vont éviter un accident, mais plutôt la responsabilité de chacun. De plus, ces lois ne feront rien de plus que de ralentir le réseau et n’amélioreront pas la fluidité de celui-ci. Lorsque je prends l’exemple de l’Allemagne, il n’y a pas plus de décès qu’en Suisse. Pour conclure, le meilleur moyen serait d’arrêter ces supercheries et de vivre avec son temps...

James Angeloni, Territet


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