23.08.2002
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Courrier des lecteurs

NOUVELLE CONSTITUTION

Et la protection de Lavaux?

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir dans la nouvelle Constitution que la protection de Lavaux et de la Venoge avait disparu du texte principal et serait simplement renvoyée dans une loi! Le citoyen vaudois a montré par un vote populaire (Lavaux en 1977 et la Venoge en 1990) son intention claire d'inscrire dans le corps du texte de la Constitution la protection de ces sites extraordinaires; les constituants auraient-ils la mémoire aussi courte? D'ailleurs, on ne peut pas dire que ce soit pour économiser des articles puisque le projet de nouvelle Constitution en contient 180 contre 102 pour l'actuelle.

On ne veut pas recommencer ce combat qui fut long et difficile et je voterai non le 22 septembre prochain au projet de nouvelle Constitution.

Ariane Chevalley,

Puidoux

Un texte «pesé» pour tous

Le 22 septembre prochain, le peuple vaudois est appelé aux urnes pour se prononcer sur le projet de nouvelle Constitution. Ce dernier a été réalisé par une Assemblée constituante élue par cette même population quatre ans plus tôt.

Le texte soumis au vote a été lu et commenté par de nombreuses personnes. Certains lui reprochent d'être trop long, d'autres d'être trop court, d'autres encore d'être trop coloré politiquement. La plupart de ces commentateurs oublient cependant une chose: une Constitution n'est pas un programme politique, c'est un règlement de maison. A ce titre, il est irresponsable de la refuser sous le prétexte qu'un article dérange. On ne peut rejeter la totalité d'un règlement de maison parce qu'on n'est pas d'accord avec l'heure de l'extinction des feux! La particularité du scrutin du 22 septembre réside dans le caractère global du vote. Soit on accepte la nouvelle Constitution, soit on garde l'autre. Il convient donc d'opérer une pesée des intérêts et de savoir passer par-dessus quelques articles qui nous dérangent. C'est d'ailleurs le chemin que nous avons dû emprunter lors de la rédaction du texte. Malgré nos divergences sur certains articles, nous sommes convaincus que le texte que nous avons discuté puis accepté est un texte équilibré, tenant compte de toutes les sensibilités et adapté à la situation actuelle de notre canton. Il contient également de nombreuses petites améliorations qui faciliteront la vie des habitants de ce canton.

Nous vous engageons donc à ne pas vous fixer sur les quelques articles qui vous déplaisent dans le texte mais à regarder le texte dans son ensemble et à considérer les nombreuses améliorations qui s'y trouvent. Comme tous les constituants de votre région, votez oui à la nouvelle Constitution vaudoise.

Michel Bühler (soc., Agora); Pierre-Alain Cornu (rad.); Elisabeth Delay (rad.); Rebecca Galeazzi (soc., Forum); Alice Glauser (UDC, Renouveau Centre); Pierre Hunkeler (ind., Verts); Bernard Martin (ind., lib.); Marie-Antoinette Martin (soc., Forum); Pierrette Roulet-Grin (rad.); Nathalie Saugy (soc., Forum); François Payot (lib.); René Perdrix (rad.); Cédric Pillonel (Verts, Vie assoc.); Michel Winteregg (soc., Forum).

Consterné par ce document

Accorder le droit de vote et d'éligibilité aux étrangers qui refusent de se naturaliser! Et quoi encore? La naturalisation est aujourd'hui facile et peu coûteuse et la Suisse, comme la quasi-totalité des pays européens, admet la double nationalité. Dans ces circonstances, rien ne peut justifier de donner des droits politiques à des gens qui refusent de s'intégrer ou qui se moquent de notre communauté nationale.

J'ai pris la peine de lire le projet de nouvelle Constitution que nous a concocté l'Assemblée constituante. Je suis consterné par le contenu de ce document. En effet, outre cet absurde et inadmissible droit de vote et d'éligibilité accordé aux étrangers, j'y retrouve pêle-mêle pratiquement toutes les idées prétendument modernes et politiquement correctes auxquelles le Grand Conseil ou le peuple vaudois ont déjà clairement dit non: système des quotas dans les autorités politiques, octroi d'une série de droits sociaux irréalisables sur le travail, sur le logement, sur l'art ou sur la mort dans la dignité, octroi d'allocations familiales aux indépendants (qui n'en veulent pas!), etc.

J'espère que vos lecteurs prendront comme moi la peine de lire ce projet avant de remplir leur bulletin de vote. A ceux qui n'auront pas envie de faire cet effort, je recommande de voter non les yeux fermés: notre bonne vieille Constitution actuelle, telle qu'elle a été révisée des dizaines de fois au gré des besoins, vaut cent fois mieux!

Dr Bernard Pellet,

Lausanne

AIDE SOCIALE ET CCF

Ceux qui trichent

A propos du conflit entre la commune de Lausanne et le canton de Vaud sur l'aide sociale (9, 12 et 18 août):

On peut dire beaucoup de choses en faveur ou contre le conseiller d'Etat libéral Charles-Louis Rochat, chef du Département de la santé et de l'action sociale (DSAS), mais il a raison quand il affirme que la gestion de l'aide sociale, un budget de 120 millions de francs, doit être crédible.

A mon avis, il ne s'agit pas d'un montant dérisoire ou de vouloir saper l'aide aux personnes n'arrivant pas à obtenir un travail ou une vie digne vu leur âge ou leur état de santé et qui se trouvent dans des situations souvent dramatiques et involontaires. Mais il faut bien reconnaître qu'il y a une catégorie de personnes aidées (20 ou 30%?) qui, sans avoir des problèmes majeurs, ne veulent pas bosser et s'installent à l'aide sociale. Bien sûr, certains salaires ne sont pas plus élevés que le minimum vital, mais il y a du travail pour réduire au moins les montants que la collectivité leur accorde.

Le problème se pose quand on veut sciemment tirer profit de l'assistance parce qu'on ne paie pas d'impôts ni de primes maladie ni d'autres assurances obligatoires. En plus, si par manque de contrôle certains parmi eux travaillent à côté sans le déclarer ou que d'autres touchent des aides régulières de fonds publics ou privés, on peut conclure qu'il y a des gens qui s'en sortent mieux qu'un employé avec ou sans famille à charge. Et si vous ajoutez à cela les dysfonctionnements du Centre social de Lausanne, représentant la moitié de l'aide cantonale, on peut alors bien comprendre l'inquiétude de nos autorités cantonales.

Ce qui est surprenant dans cette affaire, c'est le dénigrement public contre le chef du Contrôle cantonal des finances, M. Ethenoz, qui n'a fait que son travail.

Jean A. Conus,

Ecublens

ENCRE NOIRE

Adieu, la Suisse!

A l'âge de 25 ans, j'ai quitté la Suisse pour m'engager comme enseignant missionnaire en Afrique. Après quelques années, les circonstances aidant, j'ai eu l'occasion d'exercer diverses autres activités dans plusieurs autres pays de ce continent. Malgré un climat que certains disent éprouvant, malgré une certaine insécurité ainsi que d'autres inconvénients qu'on ne connaît pas chez nous, j'y ai fondé une famille et j'y ai toujours été heureux.

Voilà près de dix ans, quand je suis rentré au pays, je ne l'ai pas reconnu et grande fut ma déception. Qu'il y ait eu des changements après tant d'années, je n'en disconviens pas car c'était naturel. Mais la plupart de ceux-ci m'apparurent comme négatifs et fort préjudiciables à l'avenir de notre pays. Un sentiment mêlé de tristesse et de révolte m'envahit car la Suisse était en train de perdre son âme. Quant à la plupart de nos compatriotes, ils semblaient n'avoir d'autre idéal que leur bien-être matériel à tout prix. Les quelques années que je viens de passer dans l'enseignement m'ont conforté dans ce sentiment, et, à ce jour, la Suisse m'apparaît comme un édifice dont les murs et les fondations se désagrègent peu à peu sous les coups de boutoir de ceux qui en veulent la disparition.

Voyant cette situation et la déplorant d'autant plus que je me sens absolument impuissant à la faire changer - on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif - j'ai pris la décision de quitter à nouveau mon pays qu'il est devenu malséant d'appeler patrie, ce pays dont on a honte de présenter le drapeau, ce pays qui «n'existe pas». Je repars en Afrique retrouver la chaleur, l'insécurité, la misère mais aussi le bonheur, la liberté et un idéal. Je m'y occuperai de la grande famille que j'ai là-bas et aiderai un établissement scolaire pour enfants déshérités.

Sans aucun regret, adieu Suisse, dont je garde, en mon coeur, les racines.

Denis Mottet,

Lussery-Villars