23.08.2002
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VIN : CENTENAIRE EN PLEIN CHABLAIS

Mais oui, l'AVY est belle!

Après la réunion de presse du 30 avril, sa présence à Expo.02 du 16 mai et la journée «caves ouvertes» du 18 mai, l'Association viticole d'Yvorne (AVY) vivra sa journée officielle du centenaire mercredi prochain.

YVES JAULT

Le dimanche 11 mai 1902, à 13 h 30, sept citoyens d'Yvorne, convoqués par Philippe Petitmermet, fondaient l'Association viticole. Quelques mois plus tard, la première récolte de 17 163 litres était logée dans un vase de la cave Doret. Mais, désireuse de s'agrandir, l'AVY, que présidait déjà un Charles Müller, dut rapidement disposer d'un pressoir. «Le 8 novembre 1902, précise cinquante ans plus tard la Chronique d'Yvorne et de Corbeyrier, elle acheta l'immeuble Doret pour la somme de 51 500 francs. Et le nombre de sociétaires put être porté à 17. A quelques jours de là, on acheta un pressoir hydraulique... qui ne servit qu'en 1914, le gel ayant anéanti le 1913.

55 hectares de vignes

Que d'évolutions en un siècle! Tandis que quatre Müller se sont succédé à la présidence de la cave (Charles, Gustave, Willy et encore un Charles), la taille de l'entreprise a effectué un bond considérable. Elle aura passé, en cent ans, de 7 à 128 sociétaires, cultivant aujourd'hui 55 hectares de vignes (86% chasselas et 14% pinot noir et gamay).

Actuellement, l'AVY est aux mains d'un conseil d'administration et de 10 employés qui, selon les propos du gérant, Patrick Ansermoz, «ont pour ambition de porter loin à la ronde le nom d'Yvorne».

Evolution également au niveau des vins produits... En 1962, la cave sélectionne le meilleur de ses crus et le baptise «Chant des Resses». En 1970, les nouvelles plantations de pinot noir nécessitent un encavage supplémentaire de 63 000 litres et la naissance d'une nouvelle appellation: le rouge «Feu d'Amour». En 1966 naissent une sélection de chasselas élevé sur lie et un pinot noir issu de fûts de chêne. Un an plus tard voit le jour un blanc de noirs...

Enfin, en 2000, l'AVY fédère les cinq associations viticoles du Chablais vaudois (Yvorne, Aigle, Bex, Ollon et Villeneuve). Naîtra alors la série de cinq bouteilles (le demi-pot vaudois de 1822) des «Vignes d'Or» d'un chasselas spécialement sélectionné selon des règles strictes: taille gobelet, vignes de plus de 20 ans, production intégrée, charge de 1,125 kilo au mètre carré. Cette sélection, vendue en coffrets, est limitée à 2000 bouteilles par cave.

Terroir prestigieux

«Il est loin le temps où nous vendions de gré à gré notre récolte au prix de 52 centimes le litre», relève aujourd'hui Jean-Pierre Cavin, responsable du marketing et des ventes. Effectivement, forte de ses nouvelles spécialités, de ses installations modernes et du renom dont elle jouit, l'AVY se sent pousser des ailes pour aborder une forme de marché plus dynamique.

Cette stratégie concerne d'abord l'élargissement de la clientèle particulière par une promotion nationale, avec un objectif: dépasser la barre des 10 000 clients dans toute la Suisse. Du côté de la restauration devra être mise en exergue la valeur ajoutée incontestable des lauriers d'or Terravin, régulièrement obtenus par les vins de l'entreprise, tandis que les spécialités d'Yvorne et du Chablais vaudois seront offertes à la découverte. C'est notamment le cas avec le prix courant destiné aux milieux professionnels de l'HORECA que viennent de diffuser les cinq coopératives partenaires.

Enfin, tandis que les locaux d'accueil sur place seront davantage mis à contribution, il est prévu que des cours de dégustation seront organisés à l'intention des différents partenaires de l'AVY qui, à l'aube de son deuxième siècle, semble bien motivée pour écouler, année après année, les 560 000 bouteilles d'un terroir prestigieux.

«Un élément essentiel»

Syndic d'Yvorne et l'un des quinze encaveurs de la commune, gouverneur de la Confrérie du Guillon, Philippe Gex (photo) estime que l'AVY est un élément essentiel dans la vie de la commune. «Elle gère plus du tiers de notre aire viticole, explique-t-il. Cela explique son importance économique: elle fait vivre de nombreuses familles, par ailleurs 70% de nos rentrées fiscales proviennent du vignoble.»

Ici, autorités et Association viticole entretiennent des rapports très étroits. «C'est indispensable, poursuit M. Gex, dans une appellation comme la nôtre où la coopérative jouit d'une notoriété qui rejaillit sur tout le monde. Elle est devenue très forte dans les vins de chasselas, lesquels sont régulièrement cités dans la revue du Guillon et sélectionnés pour la Coupe chasselas. En outre, ses vins sont les meilleur marché de l'appellation, ce qui lui assure une bonne place dans la grande distribution.»

A tous ces égards, l'AVY contribue depuis cent ans à faire de l'Yvorne l'un des vins les plus distingués du vignoble vaudois.