01.11.2001
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Courrier des lecteurs

TROTSKISME A LAUSANNE

Vision simpliste

  • A propos de l'article de Bertil Galland paru dans la page Opinions de 24 heures du 22 octobre sous le titre: «Le trotskisme à Lausanne et les taupes d'Udry»:
  • M. Galland, qui a un avis péremptoire sur tout, découvre avec une année de retard le mémoire de licence de Benoît Challand sur la Ligue marxiste révolutionnaire en Suisse romande.

    De sa lecture (en croix?) de cette étude bien documentée et assez fine dans son analyse, notre journaliste déduit une banale et classique vision policière de l'histoire: ces petits trotskistes manipulateurs auraient fait de l'«entrisme», puis du «sortisme», ils auraient semé la zizanie et tenté de construire un monde chimérique sur le dos des autres. Qui plus est, sous le «fouet» d'un unique petit tyranneau local, ils se seraient épuisés dans un militantisme aussi stérile que sectaire... Et, pour corser le tout, l'inévitable touche finale de notre éditorialiste: tout cela se serait réduit au classique vertige de «jeunes intellectuels en révolte». Circulez, il n'y a plus rien à voir...

    Rappelons donc à M. Galland que ce qui se passa alors ­ ici comme ailleurs ­ se situait dans un contexte incroyablement complexe au plan international comme au plan suisse ­ entre autres Mai 68 et ses suites...

    Que «la bande de noyauteurs» fut le fer de lance, avec d'autres groupes de gauche et d'extrême gauche, de la lutte contre les mouvements xénophobes. Que ces groupes firent aussi une liaison remarquée ­ et crainte par la droite ­ avec les nouvelles luttes ouvrières emmenées par les immigrés. Que la grande vague de féminisme MLF date aussi de cette époque, et j'en passe!

    Parler de l'extrême gauche de ces années ­ et de ses erreurs ou de ses illusions ­ ne prend un sens véritable que dans ce contexte. Tout le reste n'est que radotage. Dommage! M. Galland...

    A propos: M. Galland n'a pas l'air d'apprécier une jeunesse qui veut changer le monde et vivre ses utopies. Moi, je trouve cela plutôt rassurant.

    Olivier Pavillon,

    Ferlens

    «Culte de la superficialité»

    Contrairement à M. Udry, je n'étais pas membre de la Ligue marxiste révolutionnaire dans les années 70 ni ne suis actuellement membre de SolidaritéS. J'ai donc lu simplement, comme tout un chacun et sans me sentir susceptible d'une vexation personnelle, le cartulaire hâbleur de votre chroniqueur qui, tout vieillissant qu'il soit, m'a paru digne au mieux d'un vieil adolescent en quête d'esprit. Ce trait sous sa plume acérée revient, on en conviendra, de façon singulièrement ironique contre ce pourfendeur d'«adolescentisme» intellectuel, car c'est bien cela qu'il veut dire par ses pointes vermoulues, n'est-ce pas?

    Le style pamphlétaire au vitriol est généralement porteur des défauts de ses qualités: «léger» par le ton, il l'est aussi, le plus souvent hélas, par l'esprit... A vouloir tailler à l'emporte-pièce, on oublie souvent d'enlever le morceau! Car M. Galland nous fait une démonstration de recherche de pointes rhétoriques mais ne nous découvre, encore une fois s'il en était besoin, que son cerveau rétif à toute forme d'intelligence historique ou politique. Toute la religiosité sectaire dont il prétend accuser M. Udry n'est que le miroir de son culte de la superficialité.

    Il pousse l'excès jusqu'à penser pouvoir, par un délicieux contresens historique dont je laisse le lecteur actuel juger des arrière-pensées, faire s'exclamer «Inch'Allah» ceux qui espéraient déjà un monde moins injuste quand ils étaient encore jeunes. Les enfants irakiens ou afghans apprécieront! (...)

    Il termine son article par la mention de la vacuité laissée par tout ce qu'il appelle des mètres cubes de papier. Qu'il ne cherche pas chez d'autres ­ qui lisent par exemple les publications de la page 2 de 24 heures ­ ce qu'il peut trouver d'abord en lui-même. Et qu'en fait de mémoire, il permette à la culture arabe de lui rappeler cette leçon: l'homme qui n'a pas de mémoire est condamné à répéter les mêmes erreurs. (...)

    Jean-Bernard Modoux,

    Lausanne

    FACTURE SOCIALE

    Générosité cantonale pas exceptionnelle

  • A propos de l'article paru dans 24 heures du 24 octobre sous le titre «Facture sociale: volte-face spectaculaire»:
  • On a pu lire dans 24 heures que la Commission parlementaire abandonne l'idée du rattrapage de la facture social que le Conseil d'État a l'intention de mettre à charge des communes en 2002 et 2003. Dans ce même compte rendu des travaux de la Commission parlementaire, il est écrit: «Le canton paie aujourd'hui deux tiers et les communes un tiers (de la facture sociale). En comparaison avec d'autres cantons, Genève excepté, Vaud se montre effectivement très généreux.»

    Cette affirmation mérite d'être sérieusement nuancée. Un article publié le 14 septembre dernier sur le même objet par le quotidien Le Temps affirme que 16 cantons et demi-cantons assument deux tiers et plus de leur facture sociale et n'en reportent que le tiers ou moins sur les communes. Au nombre de ces cantons, on trouve, notamment pour la Suisse romande, outre le canton de Vaud, ceux de Genève, du Valais, de Fribourg, le Jura et Neuchâtel. Seuls les cantons de Schaffhouse, Glaris et Zurich reportent la moitié, et plus pour le dernier, de leur facture sociale sur les communes.

    Il est donc faux de prétendre que le canton de Vaud est parmi les plus généreux de Suisse, puisqu'il ne reporte actuellement que le tiers de la facture sociale sur les communes. Si beaucoup d'entre elles sont aujourd'hui dans une situation financière meilleure que celle du canton, cela est peut-être dû au fait qu'elles sont mieux gérées que lui.

    Daniel Grosclaude,

    syndic du Mont-sur-Lausanne

    ENCRE NOIRE

    Jeu de piste commercial dans l'Ouest lausannois

    Il était une fois dans l'Ouest... lausannois un «pôle commercial» en plein essor où, pas plus tard que jeudi 25 octobre dernier, nous avons eu la «chance» d'assister à l'inauguration d'un nouvel hypercentre commercial (et oui, un de plus!). Ceux qui se sont rendus ce jour-là dans le secteur en voiture s'en rappelleront encore quelque temps ou, peut-être, seulement jusqu'à leur prochaine visite, un samedi de préférence.

    Si vous faites partie de ces derniers, vous avez sûrement dû vous dire qu'un jeudi vous seriez pratiquement seuls à vous y rendre... Eh bien c'est raté! Vous avez démontré en «avant-première» ce qui attend les automobilistes dans ce «pôle» chaotique au possible. L'accessibilité des lieux est tout sauf lisible en véhicule privé et, pour ce qui est des transports en commun, c'est carrément le désert!

    Malgré tout, si vous ne savez pas quoi faire le samedi, le programme s'annonce des plus prometteurs: de bonne heure, vous allez commencer par faire vos «courses alimentaires» à la Coop, pour ensuite reprendre votre voiture pour 150 mètres (impossible de s'y rendre directement à pied, même si c'est juste à côté), direction Macdo, car midi approche déjà et vos enfants réclament... Vous sauterez à nouveau dans votre véhicule pour vous rendre à Media Markt, histoire de prendre un «café-démo» au rayon électroménager, voire plus si affinités! Mais l'heure tourne et il faut aller voir les dernières actions Brico-Loisirs à Jumbo, en voiture s'il vous plaît! Vite, car Madame ne va tout de même pas rater le dernier défilé de mode de chez Veillon! Vous avez encore oublié de faire quelques achats? Pas de panique, MMM vous attend à bras ouverts jusqu'à 18 heures, bagnole comprise. La soirée est déjà bien entamée, alors pourquoi pas une «petite toile» au cinéma Multiplex? Dommage, il n'est pas encore fait celui-là...! Mais ne désespérez pas, si quelqu'un pense à mettre des douches publiques dans le coin, vous allez encore pouvoir prolonger votre «balade» autour d'un steak au Buffalo Grill ou vous rendre en «boîte», sans rentrer préalablement chez vous!

    Et si samedi prochain vous passiez votre journée en ville?

    Gilberto Tartaglia,

    Lausanne