Anne Bielman
La Colline
1880 Bex

Aux membres de l'Appel

Le 3 novembre 2000

Chers collègues,

Dans la droite ligne des soucis de Pierre Farron quant à la destinée de l'Appel, je me permets de vous faire part de quelques remarques.

Je suis actuellement préoccupée par le fonctionnement de l'Assemblée, plus exactement par l'inadéquation entre les séances de groupe et les séances plénières d'une part, par la lenteur de nos travaux d'autre part.

Le fonctionnement des séances de groupe (je me base sur l'exemple de mon groupe, mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'une exception) me paraît inadapté, pour les raisons suivantes:

Actuellement, nous consacrons chacun de longues heures en séances de groupe pour un résultat, à mes yeux, insatisfaisant ou seulement partiellement satisfaisant. Je déplore donc tout particulièrement le principe qui consiste à «sacrifier» une partie du vendredi aux séances de groupe, au détriment des plénières.

Je souhaite écrire une lettre dans ce sens au Comité de l'Assemblée et j'en ai préparé le texte. Je me proposais de parler de cette lettre lors de la séance de l'Appel agendée au mercredi 8 novembre afin d'ouvir le débat sur cette question et si possible d'obtenir l'appui de l'Appel ou d'un certain nombre de ses membres qui auraient partagé mes préoccupations. Malheureusement, la séance du 8 novembre a été ajournée. Je me permets dès lors de vous envoyer une copie de cette lettre en vous demandant qui d'entre vous serait disposé à en être co-signataire. Je suis bien entendu ouverte à des remarques sur le fond ou la forme et intéressée de manière générale par vos réactions à ce sujet. Je voudrais cependant éviter que l'objet de cette lettre ne soit porté devant la plénière, ce qui engendrera sans doute une longue discussion. Il me semble que si une lettre collective, porteuse de nombreuses signatures, est envoyée au Comité, celui-ci sera à même de modifier en conséquence le calendrier des séances.

En outre, je profite de ce message pour poursuivre les réflexions de Pierre Farron sur la destinée de l'Appel. En effet, à mon sens, si l'Appel a encore une vocation, ce n'est pas tant sur le fond des débats de l'Assemblée qu'elle doit se manifester mais sur l'aspect formel des travaux la Constituante. Des discussions sur le fond nous en avons à la fois dans les groupes et dans les plénières. En revanche, des réflexions sur la manière de travailler, sur la manière de communiquer entre nous — membres de formations politiques diverses —, sur la manière d'échanger des informations d'un groupe à l'autre, sur la manière d'améliorer le fonctionnement des séances de groupes afin de les rendre plus ouvertes et productives, nous n'avons actuellement aucun espace pour les élaborer. Pourtant, un tel espace est indispensable si nous voulons faire une autre politique, une politique avec un peu de souffle. L'Appel ne devrait-il pas être cet espace?

Au plaisir de vous revoir et dans l'attente de réactions de votre part à mes lettres, je vous adresse, chers collègues, mes salutations amicales.

Anne Bielman